12 octobre 2026

Analyse colorimétrique coréenne, analyse "saisonnière" à l'occidentale, système à 12 tons ou à 16 saisons : ces termes circulent beaucoup, souvent sans grande clarté. Chez Nuance, nous combinons volontairement deux approches — et nous avons choisi 12 sous-saisons plutôt que 16. Voici pourquoi.
Le chiffre 12 revient deux fois, et il est utile de bien les distinguer. Le PCCS, le système de couleurs de la méthode coréenne, compte 12 tons. Le système saisonnier, lui, compte 12 sous-saisons. Les premiers sont un langage pour décrire les couleurs. Les secondes sont une façon de regrouper les profils.
L'analyse colorimétrique "par saison" est née en Occident au 20e siècle, en classant les teints en quatre grandes familles — printemps, été, automne, hiver — selon la chaleur et la clarté de la peau. Simple et pédagogique, cette base a ensuite été affinée en douze sous-saisons pour plus de précision, puis, chez certaines praticiennes, en seize.
La méthode coréenne s'appuie sur le PCCS (Practical Color Co-ordinate System). Ce système de classification des couleurs a été créé au Japon en 1964 et il est très largement utilisé en Corée du Sud, où l'analyse colorimétrique personnelle (퍼스널 컬러) est devenue un passage presque obligé de la routine beauté. Plutôt que de partir de quatre cases, le PCCS décrit chaque couleur avec deux repères précis : sa teinte et son ton.
La teinte (Hue). Le PCCS utilise un cercle chromatique de 24 teintes. Il repose sur quatre couleurs primaires psychologiques — le rouge, le jaune, le vert et le bleu — réparties à intervalles réguliers, puis complétées par leurs nuances intermédiaires. Ce découpage fin permet de situer une couleur avec précision. Il sépare par exemple un rouge qui tire vers l'orangé d'un rouge qui tire vers le rose.
Le ton (Tone). C'est la grande force du PCCS. Un ton combine deux choses : la saturation (la vivacité de la couleur) et la luminosité (sa clarté ou son obscurité). Le PCCS regroupe les couleurs en 12 tons, par exemple pâle, vif, sombre ou doux. Deux couleurs de même teinte peuvent donc produire un effet très différent sur votre teint selon leur ton : un rose vif n'est pas un rose doux.
Pour visualiser les tons, on utilise souvent une carte des tons, parfois présentée en 3D. L'axe vertical représente la luminosité, du blanc en haut au noir en bas. L'axe horizontal représente la saturation, des couleurs très grises et ternes à gauche aux couleurs très pures et vives à droite. Chaque ton occupe ainsi une zone précise de la carte.
C'est ce langage, teinte et ton, qui explique pourquoi une couleur éteint un visage et pourquoi une autre l'illumine, bien plus finement que "chaud" ou "froid". À cette lecture des couleurs s'ajoute la lecture du teint lui-même : le sous-ton, chaud ou froid, observé sans filtre ni maquillage. C'est exactement ce qui pose problème dans les tests faits à la maison.
La force de la méthode occidentale, c'est sa structure claire en saisons, facile à comprendre et à exploiter pour une garde-robe. La force de la méthode coréenne, c'est la précision de son vocabulaire, avec ses 24 teintes et ses 12 tons, et la rigueur de lecture du sous-ton. Chez Nuance, nous utilisons les deux : le teint est lu avec la précision du PCCS, puis positionné dans une structure saisonnière claire et actionnable. C'est cette combinaison, pas l'une ou l'autre méthode seule, qui donne un résultat à la fois précis et facile à utiliser au quotidien.
Le système à 16 saisons pousse la subdivision plus loin que le système à 12 sous-saisons, en séparant par exemple un "été froid" en plusieurs variantes supplémentaires. Sur le papier, plus de catégories semble égal à plus de précision. En pratique, ce n'est pas toujours vrai : au-delà de 12 sous-saisons, les différences entre deux catégories voisines deviennent si fines qu'elles reposent presque entièrement sur une appréciation subjective, y compris pour un œil expert. Le risque, c'est de donner une impression de précision scientifique à un classement qui, en réalité, n'apporte plus d'information réellement exploitable pour choisir ses couleurs.
Nous avons fait le choix de 12 sous-saisons parce que c'est, selon notre expérience, le meilleur équilibre entre précision réelle et clarté pratique. Douze sous-saisons suffisent à capturer les nuances qui changent vraiment un résultat : contraste, chaleur, clarté, saturation. Ce sont justement les nuances que le ton du PCCS permet de décrire. Nous évitons ainsi la sur-segmentation, qui complique le choix de vos couleurs sans vraiment l'améliorer. Notre objectif n'est pas d'avoir le système avec le plus de cases, mais celui qui vous donne la réponse la plus fiable et la plus utile.
Ni la méthode coréenne seule, ni la méthode occidentale seule, ni le système le plus subdivisé ne garantissent le meilleur résultat. C'est la combinaison réfléchie des deux approches, et un nombre de catégories choisi pour sa fiabilité plutôt que pour son apparence de précision, qui fait une analyse vraiment utile.
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